Alors voilà, dans le cadre du cours Écriture de la chanson, l’automne dernier, j’ai tenté l’écriture de chanson.. Voilà les deux textes que j’ai soumis à deux de mes collègues du cours pour qu’elles les mettent en musique… Si vous êtes curieux d’entendre ça, demandez-moi, j’ai les versions enregistrées… que je ne posterai pas, puisque je sais pas comment. :) J’assume mon kétainisme, en passant. Et tout le mérite revient aux filles, étudiantes en musique, qui avait beaucoup plus de talent que moi. ;)

COMME TOI ET MOI
Paroles: Elizabeth Lord
Musique: Héra Ménard

Café froid sur la table à côté
Livre ouvert à la dernière page
Parce qu’un jour tout doit finir
Comme toi et moi

J’ai dit: Ne pars pas ou sinon
La porte était déjà ouverte
Courant d’air sur tes cheveux ébouriffés
Comme toi et moi

Ne reste qu’un point à mettre
quelque part sur une page
Depuis longtemps inachevée
Comme toi et moi

Comme toi et moi

Et si tout avait été autrement
Aurais-tu quand même dit
Que rien n’existait
Que t’as fais comme si de rien n’était
Parce qu’au fond rien n’était.

Dehors la pluie se déchaine
Dedans la rage se démène
Mais ailleurs on y arrivera
Toi et moi

QU’UNE IMAGE DE MOI
Paroles: Elizabeth Lord
Musique: Sofia Valenzuela

Je bois mon courage
à travers tes doigts qui se serrent à mon cou
J’ai couru à nos naufrages
J’ai vu partir ce qui restait de nous

Je laisse des traces sur mon passage
pour voir d’où je viens, ou j’irai pour comprendre
je souffle sur les nuages qui touchent les plus hautes
des grandeurs de ce monde, je n’ai qu’une image de toi
des remords d’une vie inachevée
mais jamais tu reviens, faut que tu saches que je ne serai plus là
je serai quelque part en moi

Je serai quelque part en moi

 Maintenant je savoure ma solitude
Des grandeurs de ce monde, je n’ai gardé qu’une image de moi

 Je serai quelque part en moi

Et cette suite de rendez-vous manqués… J’ai dû me croiser à plusieurs reprises sans jamais me voir. Et j’ai peut-être trop attendu pour faire les premiers pas. Mais je ne m’en veux pas… Ça serait indigne. Je me tourne maintenant vers autre chose. J’ai des choses à changer. Des choses à dire, qui ne feront pas l’unanimité, qui feront mal, peut-être plus à moi qu’à d’autres. C’est inévitable.

[Peu importe ce qui arrivera – je serai là pour y croire. Même si je suis la seule à y croire.] et pour me citer moi-même « Ne reste qu’un point à mettre quelque part sur une page depuis longtemps inachevée. »

“” Toute va bien aller, bébé.”
En tant qu’homme, il faut que tu maitrises cette phrase-là. Tu dois répéter ça jusqu’à ta mort.

C’est ça être un homme. T’es le solide, la roche.”

Tchendoh, de 10putes.com commence son post comme ça… et c’est drôle, mais j’ai tendance à le croire. Pas sûre que je tolérerais le bebé par contre.

Quand Nelligan me rejoint, un soir de printemps et qu’il me garoche en pleine face le désespoir d’un autre, je n’ai guère le choix de poser un genou par terre, d’abaisser la tête et de croire à l’aurevoir.

Ses choix:
-Le Chat fatal.
-Le spectre
-Soirs hypocondriaques
-Clair de lune intellectuel
-Soirs d’octobre
-Soir d’hiver
-La romance du Vin
-La Vierge noire
-Ténèbres

Les réponses n’y sont pas. Toujours pas. Brille comète, brille.

* Traverser les frontières de l’Arizona en décapotable jaune pâle (Plymouth Valiant 1964 tsé) avec la toune Hard Sun (Vedder) dans le tapis! (Si c’est possible, qu’il mouille pas, genre. Ça serait fâchant.) Tout ça les cheveux dans le vent (et les babines dans les yeux… hiii flashback joke de première année.. :) )

Chaque matin, la première chose que je vois (à travers ma myopie de taupe) c’est des livres. Pas mal pas pire de livres. C’est aussi la dernière chose que je vois avant de dormir le soir. Que des livres. Gardant une liste jalousement à jour de tous mes bouquins, je sais donc exactement combien j’en ai: 429. (et une dizaine de plus en comptant les livres de références… Dico en tout genre, lecture qui serait, ma foi, ennuyante en sa toute linéarité.)…

Mettons que je lis 1 livre par semaine… Ça me prendrait 8 ans pour tout lire (et certains à relire) ma bibliothèque. Considérant que j’achète 1 livre par deux semaines ces temps-ci, (C’est la récession. Dans mes bonnes années, c’était 5 par deux semaines. Ah que je m’ennuie des commissions des cosmétiques du bon temps…) je peux augmenter mon temps de lecture à mettons… 8 ans et demie? 9?

… C’est confirmé, je ne retourne pas à l’école. Il reste trop de livres à lire dans l’univers pour aller en lire une trâlée qu’on a pas vraiment le goût de lire.

Vivement l’été que je puisse relire Tarmac (Dickner) sous le soleil en buvant de la limonade (Pré-requis essentiel à la lecture de ce bouquin.)

Vivement les jours de pluie pour relire Nikolski (Dickner toujours) , fixation depuis maintenant 5 ans, Nikolski ça sent la pluie et les jours de congé.

Vivement les après-soupers, seule, avec Ellis, question de goûter autre chose que l’été.

Plus qu’un mois. Et après 4 ans d’université, je tenterai d’oublier tout ce que j’ai appris, pour retrouver le plaisir de lire. Ou peut-être de l’appliquer… On verra.

Comme quoi, tout ce qu’on fait dans notre vie nous est rendu d’une manière, ou d’une autre.
Comme quoi, malgré le soleil et le vent chaud, on peut se sentir en hiver. En anti-pamoison devant tout ce qui nous entoure.
Je ne demande qu’à me venger. Parce que la vengeance est un plat qui se mange drette din dents.
Je reviens de loin. J’ai hâte d’y retourner. déjà.
Parce qu’à partir de là, je ferme ma gueule. Encore une fois, la rage de vivre revient avec la neige qui fond. Avec le fond des choses.
Parce que dehors, dans quelques temps, ça va sentir l’humus. Et que je ne tolère cette odeur qu’en me sentant en vie.
Si je pose mes yeux sur toi une dernière fois, ce ne sera que pour te glorifier de ma plus grande indifférence.
Si je pose mes mains devant mes yeux encore une fois, ce ne sera que pour te détester encore moins.
Jour après jour, je grafigne un peu mieux les souvenirs.
Ne reste que “de la grenaille de toi sur le plancher”*. 

Je ne cherche plus à comprendre. et c’est parfait comme ça.

*Inspiration de Vincent Vallières ici.

Pour la geeklit que je suis, développer des obsessions reste une discipline à laquelle j’excelle. Depuis un certain temps, je tripe sur les incipit de roman. On peut appréhender tellement de choses d’un roman que par son incipit. C’est comme si tout y était inscrit d’avance. Mais laissons-les donc parler d’eux-mêmes… 
(bon ok. Mettons que tu sais pas c’est quoi un incipit. C’est la première unité narrative d’un (dans le cas qui nous occupe) roman. Genre quand y’a une première cassure dans le récit là.. bin c’est pus l’incipit. Right?)

-L’amour dure trois ans - Frédéric Beigbeder

« L’amour est un combat perdu d’avance. »

Si on superpose le titre du roman à son incipit, à la limite, on a pas besoin de lire le roman. Mais on le lit quand même, parce que Beigbeder est drôle, cynique et qu’il fait du bien quand on déteste l’amour. En fait, le défaitisme du narrateur, que l’on suppose l’alter ego de Beig’, s’arrange bêtement pour que l’amour dure trois ans, sans quoi sa théorie tomberait. D’ailleurs, on aime bien que l’amour dure trois ans dans son cas. Quatrième de couverture : « La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre. »

-Paris ne finit jamais- Enrique Vila-Matas

« Je suis allé à Key West, Floride, et je me suis inscrit à l’édition de cette année du traditionnel concours de doubles de l’écrivain Ernest Hemingway. La compétition avait lieu au Sloppy Joe’s, le bar préféré de l’écrivain quand il vivait à Cayo Hueso,  à l’extrême sud de la Floride. Inutile de dire que se présenter à ce concours – bourré d’hommes robustes, entre deux âges et à la barbe blanche et fournie, tous identiques à Hemingway, y compris dans la dimension la plus sotte du personnage – est une expérience unique. 

Cela fait je ne sais combien d’années que je bois, grossis et crois – contrairement à ma femme et à mes amis –  que je ressemble physiquement de plus en plus à l’idole de ma jeunesse, à Hemingway. Comme personne ne m’a jamais approuvé sur ce point et que j’ai un caractère bien trempé, j’ai voulu donner une leçon à tout le monde et, grâce à une barbe postiche – dont j’ai pensé qu’elle améliorerait ma ressemblance avec Hemingway – , je me suis présenté, cet été, au concours.

Je dois dire que j’ai été d’un ridicule achevé. En effet, je suis allé à Key West, me suis présenté au concours et me suis retrouvé dernier ou, plutôt, j’ai été disqualifié, pis, écarté de la compétition non pas à cause de ma barbe postiche – ils ne l’ont pas découverte-, mais de mon « absence totale de ressemblance physique avec Hemingway. »

Je me serais contenté d’être admis à me présenter au concours pour montrer à ma femme et à mes amis que j’ai parfaitement le droit de croire que je ressemble, chaque jour un peu plus,  à l’idole de ma jeunesse, sans aller chercher plus loin, ou, plutôt que c’est tout ce qui me reste pour continuer à sentir sentimentalement quelque peu rattaché à mes années de jeunesse. Mais j’ai failli être chassé à coups de pied. »

Encore ici, le titre est porteur de sens. C’est un peu une réponse à Hemingway qui intitula un de ces livres Paris est une fête. Vila-Matas relate ses années de jeunesse à Paris, où il était tout sauf heureux. Il suivit, durant ces années, le parcours d’Hemingway à Paris, en fait, sans jamais y parvenir puisque H. lui-même dit qu’il y était heureux. Même lorsque le narrateur-auteur (maintenant accompli) tente de suivre toujours les traces de son idole, il se fait rabrouer. Ironie. Surtout quand on sait, après coup que, en fait, Paris ne finit jamais est une conférence sur l’ironie préparée par l’auteur en reparcourant les endroits de sa jeunesse où jadis, il suivait Hemingway. On tombe dans le méta- assez rapidement ici.

 

-Cookie-  Sophie Bouchard

« J’avoue :
Adorer l’alcool.
Être intense, passionnée.
Pratiquer faire l’amour comme sport olympique.
Réclamer des solos de pianos ou de drums sur mon dos (ça détends).
Ne pas savoir parler d’amour.
Avoir peur des débuts pour ne pas vivre les fins.
Avoir un visage sans tact ni délicatesse.
Aimer sortir au large, trop.
Espérer un homme qui me tiendra dans la folie, le rêve, rien de terre-à-terre.
Aimer les surnoms. »

Bon, déjà en partant, quand, sur 10 affirmations, je peux en rattacher 7 à moi, c’est winner. J’achète sans trop penser.
C’est aussi ça l’incipit, ce qui décidera si on continue à lire ou pas.
En fait, le roman est entrecoupé de ces petites listes, et aussi de « courtes-scènes » faisant rupture avec les chapitres plus réflexifs par moments. Et dans cet incipit, tout y est en fait. Le sens double à la lecture et on y saisit que mieux le sens de cette liste. D’ailleurs, ce livre est vraiment bien. Et beau en plus.

(. je m’endors trop pour continuer. j’y reviendrai quand j’aurai les yeux qui resteront ouverts.)

Mettons que j’ai rien à faire. Mettons que j’aime bien faire des posts inutiles. Mettons que je choisis cette fois: p.83, ligne 12.
Ça donne quoi? Ça.

La farce de Maître Pathelin, Auteur inconnu.
“Ventre saint Pierre, ric-rac!” – Pathelin

Sacré Pathelin, toujours les mots pour nous faire réfléchir….

Marie-Hélène au mois de mars, Maxime-Olivier Moutier
“Une minute plus tard, l’arme était déposée, rangée comme il se doit, à la droite du couvert. J’ai encore fixé le couteau avant de regagner ma chambre.”

Comment j’aurais passé mon cégep sans ce livre..? Aucune idée. Je le relis, toujours. Parfois, pas toujours en  ordre. Il y a moins de passages non soulignés dans ce livre que de passage souligné. Si un jour, j’adapte un livre au cinéma, ce sera sûrement celui là. En espérant être à sa hauteur.

Le pique-nique du diable, Taras Grescoe
“De l’autre côté, mes effets – Fanny Hill, les craquelins et les deux emballages de gomme Wrigley – me sont rendus.”

Très bon essai. Sur la nourriture entre autre. Celle bannie dans les autres pays… Ou illégales ici. Génial.

Extrêmement fort et incroyablement près, Jonathan Safran Foer
…Shit s’tune photo d’un gars en collant, fixant un crâne humain. se demandant à coup sûr “être ou ne pas être, tel est la question” … Pas de chance.
Par contre, de la page 462 à 473, c’est un jumper du WTC… Et si on laisse couler les pages rapidement, il monte vers le haut. Troublant. Et je n’ai que les bruits de fracas des corps entendus sur les vidéos de youtube. Comme quoi, tout ce qui monte, redescend.

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